Etat d’esprit : op-ti-mis-tes !

17/10/2011 Aucun commentaire

A l’occasion de son 700ème numéro, la célèbre revue brésilienne Epoca (1) a décidé de renouveler une enquête d’opinion qu’elle avait réalisé lors de son lancement en 1998. L’objectif : évaluer le niveau de satisfaction et de confiance des brésiliens dans leur vie actuelle et future (2). Sont-ils optimistes ?

 

Que disent les résultats ?

  •  Vie présente et future :

73% des brésiliens estiment que leur vie d’aujourd’hui est meilleure que celle de leurs parents. (vs 44% en 1998)

70% pensent que la vie de leurs enfants sera meilleure que leur vie actuelle. (vs 55% en 1998)

  • Economie :

 48% évaluent la situation économique du pays « satisfaisante » (vs 45% en 1998)

et 29% « excellente » (vs 43% en 1998).

70% jugent que leurs revenus mensuels ne sont pas suffisants pour couvrir leurs dépenses du mois. (vs 43% en 1998)

  •  Politique :

75% plébiscitent la démocratie comme le régime politique idéal. (vs 50% en 1998)

  •  Inégalités :

87% estiment que la distribution des revenus au Brésil est injuste. (vs 91% en 1998)

70% pensent qu’il est fondamental d’avoir des relations pour progresser dans la vie.

(vs 86% en 1998)

  • Violence :

 71% déclarent que leur famille ou eux-mêmes n’ont pas été vistimes d’une agression sur les 12 derniers mois. (vs 61% en 1998)

  •  Selon les brésiliens, les problèmes les plus sérieux du pays étaient/sont :

 En 1998 :                                               En 2011 :

1er : Chômage                                      1er : Santé

2ème : Criminalité                          2ème : Criminalité

3ème : Education                            3ème : Corruption

4ème : Bas revenus                        4ème : Education

5ème : Terrorisme                          5ème : Chômage

6ème : Inflation                               6ème : Bas revenus

7ème : Corruption                          7ème : Inflation

8ème : Autres                                  8ème : Logement

 

Peut-on en conclure que les brésiliens voient la vie en rose ?

Rappelons qu’en 1998, le chômage était la première préoccupation des brésiliens. Sa réduction, l’augmentation record du nombre d’emplois déclarés et le contexte de quasi plein emploi de ces dernières années leur ont donc offert des garanties de sécurité, pour le présent et pour l‘avenir.                                                                          En revanche, malgré l’augmentation importante du revenu de la moitié des gens les plus pauvres, les inégalités demeurent toujours très importantes au Brésil, et les chiffres sont là pour prouver que la population en a bien conscience.

Par ailleurs, si les « fins de mois » restent toujours un sujet préoccupant pour les brésiliens, les analystes n’y voient toutefois pas de signe alarmant. Ils estiment en effet que l’expansion récente de l’accès au crédit et aux produits financiers offrira une solution à ce problème.

Enfin et surtout, si la préoccupation du chômage a perdu sa première position dans les préoccupations des citoyens brésiliens, une autre, qui n’apparaissait pas en 1998, a pris sa place. Il s’agit de la santé. Toutes les études convergeraient vers l’expression du mécontentement de la population face au manque de médecins, d’accès aux soins et d’infrastructures dans ce domaine.(3)

Il ne reste plus qu’à espérer que la nouvelle préoccupation des brésiliens n’attendra pas 13 années de plus pour perdre sa première place.

 

 

(1)  Tirage hebdo moyen d’Epoca : plus de 400 000 exemplaires

(2)  Cette étude a été menée au mois de septembre 2011 par Epoca et MCI sur un échantillon de 1000 personnes, âgées de 16 ans et plus domiciliées dans 105 villes. La majorité des questions posées étaient identiques à celles de l’enquête menée en 1998.

(3)  La Constitution Fédérale de 1988 a créé le Sistema Único de Saúde (Système Unique de Santé) permettant à l’ensemble de la population brésilienne l’accès aux services de santé publics.

 

 

Mots-clés : , TENDANCES

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