Préservatifs : l’étonnante “fabrique de l’amour”

5/06/2012 Aucun commentaire

Il était une fois la petite ville de Xapuri, dans l’État d’Acre, où se trouvait la seule fabrique étatique au monde, produisant des préservatifs en latex organique. Natex, comme elle se nomme, a été lancée en 2008 à l’initiative du gouvernement de l’État d’Acre, en partenariat avec le Gouvernement Fédéral du Brésil. Chaque année, on y produit 100 millions de préservatifs, qui sont ensuite distribués gratuitement dans tous les “postes de santé” brésiliens.

 

Avec la création de cette fabrique, le Gouvernement brésilien entendait poursuivre plusieurs objectifs :

  • Le premier, de l’ordre de la santé publique, était d’augmenter l’accès au préservatif masculin.
  • Le second, d’ordre économique, était d’investir dans l’industrie nationale de production de préservatifs, pour réduire la dépendance à l’importation. A l’époque le Gouvernement importait quasiment 100% des préservatifs d’Asie, et le pays ne disposait que de trois producteurs privés.
  • Le troisième, d’ordre écologique, était de de développer de manière durable les ressources naturelles de la forêt, en respectant l’environnement et en offrant un produit sûr pour la santé des utilisateurs.
    Dans l’État d’Acre, l’extraction du latex est une des principales sources de revenus des communautés. Elle représente actuellement un volume de 6 millions de tonnes par an, et 83% du revenu familial des acréens. Les préservatifs NATEX sont les premiers au monde fabriqués à partir de latex d’hévéas natifs. La fabrique est l’unique entreprise du secteur, certifiée ISO 9001, avec un système intégré de production directement sur le lieu de récolte. Chez Natex, on estime que les produits naturels doivent remplacer les technologies synthétiques et transgéniques  et l’on travaille également sur le développement technologique de lubrifiants naturels issus de produits de la forêt qui pourraient se substituer, totalement ou partiellement, à l’actuelle huile de silicone.
  •  Le quatrième et dernier, d’ordre social, était de favoriser l’économie locale et d’introduire la technologie chez les populations qui extrayaient le latex. L’entreprise Natex gère aujourd’hui 150 emplois directs et 700 « seringueiros » (personnes qui collectent le latex) dans la Réserve Chico Mendes.

 

Enfin, la « fabrique de l’amour », comme on la surnomme, est devenue une attraction touristique. Les personnes qui visitent la région peuvent ainsi assister au processus de production, de la récolte du latex à sa transformation en préservatifs. Si une courte visite de la fabrique vous tente, c’est ici :

 

 


 

 

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