L’óxi, ce caillou qui terrifie les brésiliens

1/05/2011 Aucun commentaire

L’óxi n’est pas une nouvelle drogue. Il a fait son apparition dans les années 80 dans les régions frontalières entre l’amazonie brésilienne, la Colombie, le Pérou et la Bolivie. Ce qui est nouveau en revanche c’est sa propagation. Il est aujourd’hui l’un des stupéfiants les plus consommés dans le nord du pays (notamment dans les communautés rurales de l’Etat d’Acre) et se répand dans le sud-est du Brésil comme une épidémie. Les détails d’un fléau qui inquiète particulièrement les autorités…

Par Laurence de Raphelis-Soissan

 

L’óxi, parent pauvre du crack…

L’óxi est un dérivé de la plante de coca, comme la cocaïne et le crack.

La grande différence entre le crack et l’óxi tient dans leurs compositions chimiques respectives. Dans le cas du crack, la cocaïne est mélangée à du bicarbonate de soude et de l’ammoniaque pour la transformer en pierres, et la rendre ainsi fumable. Dans le cas de l’óxi, on utilise du kérosène et la chaux, substances hautement corrosives et extrêmement toxiques, mais également bien moins chères que celles qui entrent dans la composition du crack.

 

…bon marché

Tout est réuni dans l’óxi pour expliquer la propagation de sa consommation, notamment dans les périphéries pauvres des grandes villes. Il est simple à produire, plus puissant que les autres drogues (ses effets hallucinogènes seraient deux fois supérieurs à ceux de la cocaïne) mais Il est surtout bien meilleur marché, vendu sous la forme de pierres à environ 2 reais pièce.

 

…extrêmement nocif

Au delà du risque de décès à terme, le consommateur d’óxi souffre de vomissements, de diarrhées et court le risque de lésions du système nerveux et d’une dégénération des fonctions hépatiques. Les solvants qui entrent dans la composition de la drogue augmentent par ailleurs le risque de cancers.

La seule étude connue sur le sujet, menée auprès de 100 fumeurs d’óxi, est arrivée à ce terrible constat : la drogue a tué un tiers des utilisateurs en moins d’un an.

Dernière particularité de l’óxi, et non des moindres : la « formule » de la drogue peut varier. Il est par exemple possible d’y trouver du ciment, de l’acétone, de l’acide sulfurique, de la soude caustique. Au delà d’augmenter les risques sur la santé, la variété des mélanges rend les traitements particulièrement difficiles à mettre en place.

 

…et pernicieux

Une enquête menée en mai 2011 auprès de patients dépendants en traitement de désintoxication révèle que 75% d’entre eux n’ont jamais entendu parler de l’óxi. Selon le Secrétariat d’Etat à la santé de São Paulo, cela pourrait également signifier qu’ils ont consommé de l’óxi sans le savoir, beaucoup de trafiquants commençant à vendre ce stupéfiant en lieu et place du crack, bien meilleur marché et donc plus accessible pour les consommateurs dépendants.

 

 

Mots-clés : , SOCIÉTÉ

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