L’espoir sans fin de l’alphabétisation

2/07/2011 Aucun commentaire

Le dernier recensement réalisé en 2010  révèle que 14 millions de personnes déclarent ne savoir ni lire ni écrire au Brésil. Ce chiffre met en lumière l’un des écueils majeurs de la politique brésilienne en matière d’éducation.

Par Laurence de Raphelis-Soissan

 

Des espoirs du programme Brazil Aplhabetizado…

Le programme Brazil Aplhabetizado, lancé en 2003 par le gouvernement brésilien avait pour objectif d’éradiquer en 4 ans l’analphabétisme dans le pays.

A l’époque, le taux d’analphabétisme était de 11,6%. En 2010, il était encore de 9,6%, ce qui représente seulement 2 millions d’analphabètes de moins en 7 ans.

A titre de comparaison, le taux d’analphabétisation est inférieur à 3% dans des pays comme le Chili, l’Argentine ou l’Uruguay.

 

…aux constats d’échec…

  • Premier constat : selon les rapports fournis par les Etats et les municipalités, peu d’élèves vont au bout de leurs cours d’alphabétisation et, par conséquent, ne savent toujours ni lire et écrire. A Porto Alegre par exemple, la capitale de l’Etat de Rio Grande do Sul, seulement 15% des élèves ont ont suivi la formation dans son intégralité.
  • Second constat, tiré celui-ci par les professionnels de l’éducation : le programme Brazil Aplhabetizado présenterait des déficiences structurelles :

La première d’entre elles est l’absence de formation des « alphabétiseurs » ou professeurs. Selon le Ministère de l’Education, 40% d’entre eux sont à l’origine des personnes sans emploi ou des travailleurs ruraux, attirés par le salaire mensuel proposé par le Gouvernement (entre 250 et 500 R$ suivant le nombre de classes pries en charge). Même s’ils sont plein de bonne volonté, ces professeurs n’ont aucune expérience de l’enseignement. Or, selon les spécialistes, aphabétiser est une tâche extrêmement complexe et ces professeurs n’ont pas le niveau.

La seconde déficience du programme est liée à la durée insuffisante des cours, qui varie de 6 à 8 mois. Toujours selon les spécialistes, un tel programme devrait durer au moins deux ans pour avoir des chances de succès. Il est par ailleurs indispensable que l’élève continue à étudier après avoir appris à lire et à écrire afin de ne pas oublier ce qu’il a appris. L’IBGE considère qu’un adulte est pleinement alphabétisé après au moins 4 années de scolarité complète. Qui n’a pas atteint ce niveau de scolarité est considéré comme un analphabète.

 

…vers une solution ?

Pour contourner le problème, le Ministère de l‘Education Nationale étudie l’idée d’une prime financière motivant les préfectures à enregistrer davantage d’adultes dans leurs écoles. Il reconnaît que l‘avancée dans le combat contre l’analphabétisme est encore très insuffisante et se donne pour objectif l’éradication totale du problème au Brésil pour…2020.

 

Référence :

Censo Demográfico 2010, IBGE

 

 

Mots-clés : , SOCIÉTÉ

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