LE PORTUGAIS BRÉSILIEN : Les différences entre Portugais brésilien / Portugais européen

8/08/2012 Aucun commentaire

Remarque préalable : le même tableau vous est proposé successivement en langue française, puis en langue portugaise. Nous vous laissons choisir la version qui vous convient le mieux.

 

PORTUGAIS BRÉSILIENPORTUGAIS EUROPÉEN
PHONÉTIQUE ET PHONOLOGIE
Il y a 7 voyelles toniques : /a/, /e/, /ε/, /i/, /o/, / ↄ /, /u/. La voyelle thématique {-a-}ne se distingue pas au présent et au prétérit : falamos. La voyelle [e] se maintient avant une palatale : espelho, fecho.Il y a 8 voyelles toniques: /a/, /ä/, /e/, /ε/, /i/, /o/, /ↄ/, /u/, on distingue un /a/ central bas au présent, falamos, et un /ä/ plus aigü au prétérit, falämus. La voyelle [e] placé avant une palatale est dite [â]: espelho [išpâlhu], fecho [fâšu].
Il y a 5 voyelles atones prétoniques et toutes se prononcent très clairement : /a/, /e/, /i/, /o/, /u/. Elles ont toutes leur propre prononciation ce qui fait que l’on ne confond pas de frente avec diferente. Il n’y a pas de distinction antre le [e] fermé et le [ε] ouvert, c’est pourquoi on prononce de la même façon pregar um prego et pregar na igreja.Il y a 8 voyelles atones prétoniques, parmi lesquelles le [e] fermé se transforme en [ë], comme dans pëqueno, mais l’usage veut de ne pas le prononcer, comme dans telefone [tulfòn], pedido [p’didu] etc. Demander dans un hôtel um apartamento de frente sera compris comme “um apartamento diferente”. Ainsi, on distingue [e] de [ε], et on prononce différemment prêgar um prego et prègar na igreja.
Il y a 3 voyelles atones finales : /a/, /i/, /u/, les deux dernières étant écrites e, o: pata, pede, peço.Il y a 3 voyelles atones finales: /ä/, /e/, /u/.
La diphtongue orale ey peut se maintenir ou être réduite à une seule voyelle (terreiru/terrêru) et la diphtongue nasale ~ey se maintient comme dans bem, prononcé [bẽy]. Ces diphtongues s’entendent comme [äy] e [ãy]: terreiro [t’rräyru], bem [bãy].
On diphtongue la voyelle finale si elle est suivie d’un son sibilant : luz [‘luys], atrás [a’trays]. Cela n’existe pas.
Les syllabes terminées par une occlusive reçoivent une voyelle, elles se transforment donc en syllabes ouvertes : adevogado, abissoluto, pissicologia. Ces syllabes sont fermées : advogado, absoluto, psicologia.
On prononce de la même façon la consonne [-l] et la demi-voyelle [-w] quand il est placé à la fin: l’adverbe mal et l’adjectif mau se prononcent de la même façon. Le [-l] est latélarisé, comme dans le portugais du Brésil de Rio Grande do Sul, il ne se confond donc pas avec la semivoyelle [-w].
Le [r] peut être roulé simplement (caro), de façon multiple-antérieure (carro), de façon multiple postérieure [káRu] ou voilé de façon sourde [káxu]. Prédominance du [r] prononcé de façon antérieure, soit simplement (caro), soit multiplié (carro).
MORPHOLOGIE
La morphologie nominale est simplifiée, comme par exemple la perte du {-s} indiquant le pluriel dans le langage populaire, moins dans le langage spécifique, d’autant que dans la morphologie verbale le tu a été remplacé par você.La morphologie nominale et verbale ne présente pas ces simplifications, sauf dans certains langages régionaux.
Les pronoms personnels toniques ont subi des transformations : tu et vós ont été remplacés par você / vocês : eu/você/ele/nós/vocês/eles. Nós peut être aussi remplacé par a gente. La morphologie verbale accompagne cette simplification, se réduisant ainsi à 4 formes : (eu) falo, (você / a gente) fala, (nós) falamos, (vocês / eles) falam. En conséquence, les règles de concordance du verbe avec le sujet ont changé elles aussi.Les pronoms personnels toniques sont au nombre de 6 : eu/tu/ele/nós/vós/eles. La morphologie verbale dispose de 6 formes différentes : falo, falas, fala, falamos, falais, falam.
Les pronoms personnels atones sont de 2 formes : me, te, nos tendant à disparaître
(i) le complément d’objet directo: Ainda não vi Ø hoje ;
(ii) le pronom accusatif te est remplacé par para você: Preciso falar uma coisa pra você ;
(iii) le pronom réfléchi se qui se généralise comme un pronom réfléchi universel dans le portugais brésilien populaire : Nos nossos dias não Ø usa mais saia, Eu não se alembro.
Les pronoms personnels atones sont de 6 formes me, te, se/si, nos, vos. Le pronom réfléchi si peut se référer à l’interlocuteur : isto é para si.
SYNTAXE
En pratique, on utilise você quand il y a intimité, et o senhor dans les situations formelles. Cette forme connaît des altérations, ainsi on voit apparaître ocê e . Dans les régions où le tu est maintenu dans le langage informel, le pronom você marque une certaine distance.Jusqu’au XVIème siècle, le tu était employé dans le langage informel et vós pour le langage formel. Vós était remplacé par Vossa Mercê pour s’adresser au Roi, puis aux nobles (plus tard, le Roi était appelé Vossa Majestade, Vossa Alteza. Vossa Mercê fut par la suite utilisé lorsque l’on s’adressait à la bourgeoisie de façon cérémonieuse, venant finalement concurrencer le tu, qui s’est transformé par você.
Le pronom ele peut être utilisé dans les cas suivants :
(i) comme complément d’objet direct : Maria viu ela,
(ii) pour appuyer un sujet: A Maria, ela ainda não chegou,
(iii) pour répéter le sujet dans la proposition relative : O menino que ele chegou
Ele n’est utilisé que comme sujet ; le complément d’objet direct pronominal est identifié par o ; il n’existe pas de constructions avec des propositions relatives dans lequel le sujet est répété.
Les pronoms atones, semi-atones en vérité, peuvent commencer la phrase, préférant la proclise : Me passa o bife. Mim peut apparaître comme sujet d’une préposition infinitive, comme dans Isto é para mim fazer.Les pronoms atones ne peuvent pas commencer une phrase, l’enclise est privilégiée : Passa-me o bife. Le sujet d’une préposition infinitive est le pronom lui-même : Isto é para eu fazer.
On utilise ter à la place de haver dans les constructions existentielles : Hoje não tem comida.On utilise seulement haver dans les constructions existentielles : Hoje não há comida.
Les verbes qui indiquent un mouvement se construisent avec la préposition em : Vou na feira. Les verbes qui indiquent un mouvement se construisent avec la préposition a: Vou à feira.
La double négation se fait parfois : não sei, não.La négation simple est préférée : não sei.
On utilise de plus en plus les périphrases estar + gérondif comme une sorte de présent composé (estou falando - falo) et ir + infinitif, comme substitut du futur : vou falar - falarei. On préfère la périphrase estar + a + infinitif, plus récente que la précédente : estou a falar. La forme simple du futur est très vivace.
Le sujet est mentionné mais on élide le complément d’objet direct : Ele já viu Ø. Le sujet éliptique est interprété comme un participant indéterminé : « usa saia » signifie “alguém usa saia”.Le sujet est élidé mais le complément d’objet direct est précisé avec le clitique o: Ø já o viu. Le sujet éliptique est interprété comme un participant déterminé: usa saia signifie “determinada pessoa usa saia”.
Le sujet vient avant le verbe, et le complément d’objet direct après : Maria comeu o chocolate. Le complément d’objet direct peut être déplacé sur la gauche, sans être repris par un clitique: O chocolate, Maria comeu. Le sujet peut être positionné après le verbe et le complément d’objet direct peut être déplacé à gauche du verbe en étant repris par un clitique : O chocolate, comeu-o Maria.
* Extrait de l’ouvrage « Nova gramática do português brasileiro », de Ataliba Teixeira de Castilho (Editora Contexto, 2010)

 

 

PORTUGUÊS BRASILEIROPORTUGUÊS EUROPEU
FONÉTICA E FONOLOGIA
Há 7 vogais tônicas: /a/, /e/, /ε/, /i/, /o/, / ↄ /, /u/. Não se distingue a vogal temática {-a-} no presente e no pretérito:falamos. A vogal [e] se mantém como anterior média fechada antes de palatal: espelho, fecho.Há 8 vogais tônicas: /a/, /ä/, /e/, /ε/, /i/, /o/, /ↄ/, /u/, distinguindo-se um /a/ central baixo no presente, falamos, de um /ä/ mais alteado no pretérito, falämus. A vogal [e] antes de palatal é dita [â]: espelho [išpâlhu], fecho [fâšu].
Há 5 vogais átonas pretônicas, e todas soam claramente: /a/, /e/, /i/, /o/, /u/. Todas elas são pronunciadas, e assim não se confunde de frente com diferente. Nessa distribuição, não há distinção entre [e] fechado e [ε] aberto, e por isso pronunciam-se da mesma forma pregar um prego e pregar na igreja.Há 8 vogais átonas pretônicas, em que [e] fechado move-se para [ë], como em pëqueno, mas a tendência é omiti-las, como em telefone [tulfòn], pedido [p’didu] etc. Pedir num hotel um apartamento de frente será entendido como “um apartamento diferente”. Nessa distribuição, distingue-se [e] de [ε], e por isso pronunciam-se diferentemente prêgar um prego e prègar na igreja.
Há 3 vogais átonas finais: /a/, /i/, /u/, os dois últimos escritos com e, o: pata, pede, peço.Há 3 vogais átonas finais: /ä/, /e/, /u/.
O ditongo oral ey pode manter-se ou monotongar-se (terreiru/terrêru) e o ditongo nasal ~ey mantém-se, como em bem, dito [bẽy]. Esses ditongos soam como [äy] e [ãy]: terreiro [t’rräyru], bem [bãy].
Ditonga-se a vogal final seguida de sibilante: luz [‘luys], atrás [a’trays]. Não há essa ditongação.
Sílabas terminadas por oclusiva recebem uma vogal, transformando-se em sílabas abertas: adevogado, abissoluto, pissicologia. Essas sílabas soam fechadas: advogado, absoluto, psicologia.
Pronuncia-se da mesma forma a consoante [-l] e a semivogal [-w] em posição final: o advérbio mal e o adjetivo mau são pronunciados da mesma maneira. O [-l] é lateralizado, como no PB do Rio Grande do Sul, não se confundindo com a semivogal [-w].
O [r] pode ser vibrante simples (caro), vibrante múltipla anterior (carro), vibrante múltipla posterior [káRu] ou velar surda [káxu]. Predomina a vibrante múltipla anterior, como no espanhol.
MORFOLOGIA
Simplifica-se a morfologia nominal, com a perda de {-s} indicador de plural na variedade popular, menos no Especificador, tanto quanto na morfologia verbal, em que a pessoa tu foi substituída por você.A morfologia nominal e verbal não apresentam essas simplificações, exceto em alguns falares regionais.
O quadro dos pronomes pessoais tônicos apresenta quatro formas: eu/você/ele/nós, que alterna com a gente/eles. A morfologia verbal acompanha essa simplificação, reduzindo-se a 4 formas: falo, fala, falamos, falam. Em consequência, mudarão as regras de concordância do verbo com o sujeito.O quadro dos pronomes pessoais tônicos apresenta seis formas: eu/tu/ele/nós/vós/eles. A morfologia verbal dispõe de 6 formas diferentes: falo, falas, fala, falamos, falais, falam.
O quadro dos pronomes pessoais átonos (ou clíticos) apresenta duas formas: me, te, nos, tendendo a desaparecer (i) o acusativo o: Ainda não vi Ø hoje, (ii) o acusativo te, substituído por para você: Preciso falar uma coisa pra você, e (iii) o reflexivo se, que se generaliza como reflexivo universal, no PB popular: Nos nossos dias não Ø usa mais saia, Eu não se alembro.O quadro dos pronomes pessoais átonos apresenta seis formas: me, te, se/si, nos, vos. O reflexivo si pode se referir ao interlocutor: isto é para si.
SINTAXE
No tratamento, usa-se você quando há intimidade, e o senhor nas situações formais. Essa forma continua a alterar-se, surgindo ocê e . Nas regiões em que se mantém tu no tratamento informal, o pronome você marca certo distanciamento.Até o século XVI, usava-se tu para o tratamento informal e vós para o tratamento formal. Vós era substituído por Vossa Mercê para dirigir-se ao rei, depois aos nobres (e aí o rei passou a ser tratado por Vossa Majestade, Vossa Alteza). Vossa Mercê foi em seguida aplicado ao tratamento cerimonioso da burguesia, vindo finalmente a concorrer com tu, mudando para você.
O pronome ele pode funcionar (i) como objeto direto: Maria viu ela, (ii) redobrar uma construção de tópico: A Maria, ela ainda não chegou, (iii) aparecer na oração relativa copiadora: O menino que ele chegou.Ele só funciona como sujeito, o objeto direto pronominal é expresso por o, não existem construções de tópico nem relativas copiadoras.
Os pronomes átonos, por serem na verdade semiátonos, podem iniciar sentença, preferindo-se a próclise: Me passa o bife. Mim pode aparecer como sujeito de infinitiva preposicionada, em Isto é para mim fazer.Os pronomes átonos não podem iniciar sentença, preferindo-se a ênclise: Passa-me o bife. O sujeito da infinitiva preposicionada vem no caso reto: Isto é para eu fazer.
Usa-se ter em lugar de haver nas construções existenciais: Hoje não tem comida.Usa-se apenas haver nas construções existenciais: Hoje não há comida.
Verbos de movimento são construídos com a preposição em: Vou na feira. Verbos de movimento são construídos com a preposição a: Vou à feira.
Ocorre a negação dupla: não sei, não.Prefere-se a negação simples: não sei.
Amplia-se o uso das perífrases estar + gerúndio e ir + infinitivo, substituindo neste caso a forma do futuro do presente: estou falando, vou falar.Prefere-se a perífrase estar + a + infinitivo, mais recente que a anterior: estou a falar. A forma simples do futuro é vivaz.
Preenche-se o lugar de sujeito e elide-se o objeto direto: Ele já viu Ø. O sujeito elíptico é interpretado como um participante indeterminado: usa saia quer dizer “alguém usa saia”.Elide-se o sujeito e preenche-se o lugar do objeto direto com o clítico o: Ø já o viu. O sujeito elíptico é interpretado como um participante determinado: usa saia quer dizer “determinada pessoa usa saia”.
O sujeito vem anteposto ao verbo, e o objeto direto, posposto: Maria comeu o chocolate. O objeto direto pode ser deslocado para a esquerda, sem retomada por um clítico: O chocolate, Maria comeu. O sujeito pode vir posposto ao verbo e o objeto direto pode ser deslocado para esquerda, com retomada por um clítico: O chocolate, comeu-o Maria.
* Extrait de l’ouvrage « Nova gramática do português brasileiro », de Ataliba Teixeira de Castilho (Editora Contexto, 2010)

 

 

 

 

Mots-clés : DIVERS

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