Photographie : Custodio Coimbra, le Brésil dans la lentille

3/02/2012 3 commentaires

Ses paroles ressemblent à ses photos : simples, humaines, engagées, souvent déroutantes, parfois ironiques, et toujours pleines de sens. Custodio Coimbra est photojournaliste. Il a commencé à exercer son métier pendant la dictature et travaille depuis plus de 20 ans pour le grand quotidien O Globo. Entretien avec un artiste dont on dit qu’il est le photojournaliste le plus créatif et le plus talentueux du Brésil.

 

Les BRASILEIROS : Custodio, vous êtes non seulement photojournaliste pour le grand quotidien O Globo mais également un artiste-photographe renommé au Brésil. Existe-t-il un ou deux Custodio Coimbra ?

Custodio Coimbra : Dans la réalité je ne réussis pas à séparer mes meilleures photos artistiques de mes meilleures photos de journaliste. Quand je prends mes photos, elles peuvent être destinées au journal ou non. J’ai commencé par les beaux-arts, où il existait déjà cette question d’esthétique. J’étais reporter-photographe sans le savoir, et je travaillais avec cette préoccupation esthétique par rapport à l’être humain. A mon avis, l’essence même du photojournalisme est l’être humain. En réalité,  je fais une photo artistique avec une utilisation journalistique. L’idée de principe est d’apporter l’information. Ce que je cherche, c’est d’apporter également à cette information la beauté visuelle. Parce que la beauté existe, même dans la tragédie.

 

Les BRASILEIROS : On peut imaginer qu’exercer la profession de photojournaliste ici à Rio de Janeiro est particulièrement périlleux…

CC : Ici, la dégradation sociale va de pair avec la dégradation environnementale. Je ne sais pas combien vaut la vie chez vous. Ici nous avons des tueurs professionnels, éparpillés dans tout le pays. En même temps, nous avons toute cette culture, toute cette musique, ce côté artistique…Il y a des cas de fusillades et de tirs sur les journalistes et les photographes. Vous savez, je pense que le  danger ici est continu et graduel ; c’est plus dur pour un journaliste qu’en France. Mais c’est sûrement aussi plus intéressant. Nous vivons dans un pays où la vie ne vaut rien. Ici la vie vaut R$5.

 

Les BRASILEIROS : Vous avez commencé à travailler pendant la période de la dictature au Brésil (1). Quels souvenirs en gardez-vous ?

 CC : J’ai vécu cette période de dictature quand j’ai commencé à photographier. Justement, parce qu’il était interdit de photographier, j’ai eu envie de le faire. Photographier était une façon pour moi d’affronter la dictature parce que ma sœur a été mise en prison et torturée et que certains de mes proches ont été emprisonnés. On ne pouvait rien photographier à cette époque, ni la Central do Brasil (2), ni les monuments dans la ville. La grande presse a commencé à être censurée et a fini par s’autocensurer pour ne pas avoir de problème. Par la même, elle a contribué à soutenir la dictature. Beaucoup de journalistes ont été censurés et sont partis du pays. Ceux qui sont restés et ceux qui sont revenus d’exil se sont unis pour créer une presse « alternative ». Cette presse a été persécutée. Elle n’existe plus aujourd’hui car elle faisait partie du processus de re-démocratisation. Quand la démocratie est revenue, elle a perdu sa fonction d’opposition. J’ai travaillé au journal alternatif Reporter en 77. Mon travail à cette époque était  une lutte pour la liberté d’expression et avait un rôle très social.

 

Les BRASILEIROS : Vous êtes photojournaliste au journal O Globo depuis plus de 20 ans. Les photographies qui paraissent dans ce quotidien doivent-elles répondre à certains critères ?

CC : Quand j’ai commencé à travailler au journal, il existait des règles esthétiques. O Globo a toujours eu une charte, une façon traditionnelle de voir les choses. Dans la presse Il existe un langage écrit et un langage visuel. Ce langage visuel, quand vous réussissez à faire qu’il se suffise à lui même, vous réussissez à faire passer une information de qualité. Ce qui se passe la plupart du temps, malheureusement, c’est que la photographie est très illustrative du texte, ce qu’elle ne devrait pas être. A partir de ce modèle de base, chaque photographe fait ses choix personnels. Il y a beaucoup de photos que j’ai faites qui n’ont pas été publiées, et d’autres auxquelles je ne croyais pas qui ont fait la « une »…C’est un jeu quotidien entre le journal et le photographe.

 

Les BRASILEIROS : Aujourd’hui, pensez-vous qu’au Brésil, tout peut-il être publié ?

 CC : Oui, aujourd’hui, tout peut être publié. Vous pouvez publier n’importe quoi, comme les photos des atrocités des soldats en Afghanistan.

 

Les BRASILEIROS : La couverture de la tragédie de l’école de Realengo (4) par les grands médias brésiliens en avril dernier était quelque peu racoleuse et « sensationnaliste ». Existe-t-il une attente des gens pour ce type d’information ?

CC : Je crois qu’il existe ici une « spectacularisation » du quotidien. Je n’aime pas…D’un autre côté, quand vous avez un régime très fermé ou des normes, comme en Europe ou comme en France, cela rend plus difficile la possibilité pratiquer une activité. Je pense que le fait de montrer les choses est fondamental pour la liberté. Cette “spectacularisation” est bien sûr exagérée : « Vive la misère des autres !», c’est le théâtre des autres, c’est absurde. Mais qu’est ce qui apparaît également ? C’est qu’il existe une recherche des gens à montrer ces drames. Les médias « sensationnalisent » et « spectacularisent », certes. Mais en montrant leurs drames, les gens y voient également un espoir de résoudre leurs problèmes.

 

Les BRASILEIROS : Les lecteurs des journaux sont-ils sensibles aux photos ? Vous souvenez-vous que l’une de vos photos qui ait choquée ici ?

 CC : Cela arrive. J’ai fait la photo d’un homme en flammes que le journal assuma de publier. C’était la photo d’un type qui avait été accusé d’avoir mis le feu à une baraque où se trouvait un bébé qui est mort. Alors toute la population attrapa le type et le lyncha. Le feu l’a consumé tout une après-midi sans prendre sur ses jambes. C’était une scène très choquante. Il y a eu beaucoup de courrier des lecteurs contre l’utilisation de cette photo. Elle a été publiée aussi dans Zero Hora qui a également reçu une pluie de lettres. L’éditeur de de l’époque écrivit un super article sur les raisons de la publication de cette photo, en me citant, et en me défendant. Mais la plupart du temps, les gens sont plus élogieux que critiques…bien plus.

 

Les BRASILEIROS : Une de vos photos a été reprise par la presse du monde entier. C’était au moment de la veillée funèbre du Président Tancredo Neves. Pouvez-vous nous raconter l’histoire de cette photo ?

CC : J’ai reçu un mot du directeur de l’Associated Press, remerciant le Jornal do Brasil et disant que, non seulement cette photo avait été reprise par 7 000 journaux dans le monde, mais aussi que 6 journaux sur 10 aux Etats-Unis l’avaient publiée en première page. Le directeur de l’Associated Press a voulu savoir comment j’avais fait…j’étais simplement là, à la bonne heure, au bon moment. Ce jour là, il y avait un rassemblement de 100 000 personnes sur une place. Ils ont brisé les portes d’accès au palais et la police a essayé de les empêcher d’entrer. J’étais sur la grille que la foule a renversé et je suis tombé à l’intérieur du palais. Cette photo est en réalité l’histoire d’un drame puisqu’une personne est morte. C’était la première fois de ma vie que je photographiais tout en sauvant des gens. Nous sommes avant tout des êtres humains. Souvent, les journaux n’ont qu’une version qui est celle de la police.

 

Les BRASILEIROS : Voilà plus de 30 ans que vous suivez l’actualité ici au Brésil en qualité de photojournaliste. Si votre mémoire de photographe ne devait retenir qu’une ou deux images de ces dernières décennies, lesquelles choisirait-elle ?

CC : En relation avec cette couverture internationale, j’ai fait une photo très intéressante de Kissinger ici au Brésil, le doigt dans une narine, se retirant une morve. O Globo ne l’a pas publiée mais elle a fait la première page, en énorme du Jornal do Brasil. J’ai aussi fait une très jolie photo de Fidel Castro, faisant un geste efféminé. Cela ne change rien à rien. Mais c’est une occasion de voir les gens un peu différemment.

 

Les BRASILEIROS : Votre travail artistique aborde des sujets aussi divers que l’environnement, l’eau, les exclus de la société, les contrastes entre la richesse et la pauvreté, notamment à Rio…quels sont vos sujets de prédilection ?

 CC : Si je vous disais que tous les sujets m’attirent, cela vous paraîtrait étrange. Mais, par exemple, je vais du luxe aux déchets. Je couvre les déchets de Gramacho et les catadores (trieurs de déchets) et, le jour suivant, la Présidente Dilma. Je m’intéresse à la politique, au peuple, aux gens simples. Tout cet éventail de sujets m’intéresse à photographier.

 

Les BRASILEIROS : Vous avez dit que votre travail photographique est « votre point de vue sur une réalité ». Quels messages entendez-vous faire passer ?

 CC : Tout ce que les gens font non ? Peut être que le fait de travailler au journal, de divulguer cette matière photographique, je pense que c’est cela qui m’attire depuis le début. Que ce soit en prenant un politique avec un doigt dans le nez, un  cri de douleur ou une vague qui se brise, tous ces moments sont magiques. J’ai commencé à photographier l’être humain, et ai ensuite perçu qu’il était inséré dans un contexte, dans un scénario. Ce scénario est devenu très important pour moi aussi.

 

Les BRASILEIROS : Diriez-vous que vous êtes un artiste politique ?

 CC : Oui. Je pense que tout artiste est à moitié politique. Je suis un engagé modéré. Une fois on m’a demandé si j’étais un gamin des rues…bien sûr, je ne suis pas né au Danemark…si j’étais né au Danemark, j’aurais photographié autre chose. Il se trouve que je suis né ici.

 

 Les BRASILEIROS : On dit que de votre travail artistique qu’il est géométrique, poétique, esthétique et graphique. Comment le définiriez-vous ?

 CC : Je pense qu’il est un peu tout ça. Mais il est aussi plein d’humour. Je pense que mes photos portent une chose que je ne peux pas décrire…peut-être la manière avec laquelle je vois le monde. C’est la forme optimiste d’un être pessimiste…

 

Les BRASILEIROS : Pensez-vous qu’avoir de l’humour permet de faire passer plus facilement les messages ?

CC : Cela se peut. C’est aussi une caractéristique du Brésilien, du carioca. Ma photographie est « carioquiste ». Le brésilien fonctionne comme ça, le carioca aussi dans sa diversité.

 

Les BRASILEIROS : En 2002, vous avez réalisé un très beau travail sur Rio. C’était au moment de la pollution par le pétrole de la baie de Guanabara. Parlez-nous de ce travail…

CC : Dans la baie de Guanabara, en 2000, il y a eu un grand déversement de pétrole (6). J’ai couvert cet événement à l’époque. Puis, trois mois plus tard, en faisant un autre reportage, là au fond de la baie pour voir ce qui s’était passé. Quand je suis arrivé là, il y avait sept villes, 15 millions de personnes qui vivaient autour. En arrivant là, un pêcheur a éraflé le sable et j’ai vu le pétrole jaillir du sous-sol. Là, il n’y avait plus de crabes, plus de crevettes. Le pétrole avait collé aux mangroves, qui est une protection au fond de la baie. Le journal fit un reportage mais j’ai pensé que ce n’était pas suffisant. Je me suis dit « je vais faire une exposition ». Je me suis aperçu que j’avais tout le matériel sur la baie de Guanabara pour dénoncer la pollution par le pétrole. J’avais une histoire de navires fantômes, j’avais toute la beauté de ce lieu, j’avais le travail quotidien, les navires de transports, de pêche, tout. A partir de là je fis une exposition sur la baie de Guanabara en trois parties : l’origine, l’occupation et la dégradation. Pour l’origine, je montrais de belles photos, la géographie. Pour l’occupation, je montrais le travail au jour le jour. Et j’ai terminé par le pétrole collé. Cette exposition, qui fut ma première, eu de fortes répercussions.

 

Les BRASILEIROS : Vous couvrez depuis longtemps le Carnaval de Rio. Aimez-vous cette manifestation ?

CC : Beaucoup. Je l’aimais déjà avant d’être photographe. Je jouais le Carnaval. Le Carnaval est une peut-être la plus belle manifestation brésilienne…ces gens pratiquant durant 3 jours une liberté qu’ils passent toute une année à préparer. C’est ça l’esprit du Carnaval, cette liberté d’être là où tout le monde est égal, où tous vont dans la même direction dans la diversion. C’est entre l’ironie, l’humour …et cela concerne toutes les classes sociales. « Je vais sortir comme je veux », c’est un état d’esprit, c’est le Carnaval de rue. C’est le Carnaval que j’ai vécu, que j’aime photographier. J’ai toujours couvert le Carnaval, il y a 21 ans que je le couvre pour O Globo. Le Carnaval du sambodrome est un autre type de carnaval, c’est une beauté plastique où la samba échoue. C’est la joie du Carnaval de rue face à la plasticité du Carnaval du sambodrome qui est une joie fausse, parce qu’elle n’est pas spontanée.

 

Les BRASILEIROS : Vous avez réalisé un reportage étonnant sur les travestis qui vivaient dans la forêt de Tijuca à Rio. Vous avez même partagé leur vie quotidienne…

CC : J’ai fait ce reportage sur les travestis séropositifs qui vivaient dans la forêt de Tijuca pour le journal O Globo. Ils avaient appelé les pompiers pour qu’ils viennent chercher une personne qui était en phase terminale, c’était le sujet du reportage. Quand je suis arrivé, j’ai pensé qu’ils ne voudraient pas me recevoir. Ils avaient fui la société pour s’installer dans la forêt et former un groupe. Quand j’ai fait ce reportage en 96, ils vivaient déjà là depuis deux ans. Un des travestis avait vécu en France longtemps et y avait gagné beaucoup d’argent en faisant de la contrebande de silicone quand il avait appris qu’il était séropositif. Il était venu au Brésil, n’avait pas de famille mais avait de l’argent. Il avait une certaine ascendance sur les autres. Ils étaient quatre en tout. Ils vivaient isolés du monde. Quand mon reportage a été publié, une association de protection est entrée en contact avec eux et a commencé à leur prêter assistance. Elle a pris contact avec un hôpital de Rio pour leur donner un traitement. J’ai reçu un appel téléphonique un jour d’une personne appelée Renata, me remerciant pour mon reportage. Je lui ai alors demandé si je pouvais revenir faire quelques photos et donner quelques cadeaux. Je suis revenu et j’ai fait de belles photos. Parce qu’une chose a attiré mon attention : une cabane colorée où ils avaient l’habitude de se réunir. Alors quand j’ai commencé à prendre les photos, tout a été différent. J’ai demandé si je pouvais les visiter…et je les ai visités pendant un an. Tous les mois j’étais là bas. L’accès était difficile, raide, pour arriver au campement. « Le photographe est arrivé les gars ! ». C’était une fête. Un jour je suis arrivé et j’ai vu que tout avait été détruit. J’ai supposé que la Police Municipale était passée par là. Je n’ai plus jamais eu de leurs nouvelles.

 

Les BRASILEIROS : Parlez-nous de votre reportage sur les enfants mineurs abandonnés au Brésil, quand des commerçants et la police payaient des gens pour les tuer…

CC : Cette situation existe toujours, ici à Rio. Il existe trois ou quatre générations de mineurs abandonnés. Vous pouvez rencontrer une grand-mère qui a été abandonnée, une mère, un enfant. Il existe un conflit social très fort. J’ai souvent photographié les instituts criminels pour les mineurs, les enfants des rues. C’est tragique. Le Brésil a une dette très importante envers les personnes âgées et les enfants.

 

Les BRASILEIROS : Le Christ Rédempteur vous inspire également beaucoup.…Comment avez-vous pris cette photo de la tête du Christ qui regarde la baie de Guanabara ?

 CC : On dit que le Christ voit Rio et que les cariocas voient le Christ. Je suis monté sur le bras du Christ, et cette photo prise depuis son profil, c’est un peu comme si je montrais la ville que voit le Christ.

 

 

Les BRASILEIROS : Vous avez réalisé une série de portraits au stade de Maracanã. Les personnes que vous avez photographiées assistaient à un match depuis la tribune du Geral. Cet emplacement, réservé d’antan aux plus pauvres, n’existe plus aujourd’hui. Ces photos ont donc une valeur historique aujourd’hui ?

CC : C’était le Geral, l’endroit du stade d’où les gens regardaient le match debout. Aujourd’hui, cet emplacement n’existe plus, il y a des sièges partout. Ces photos sont historiques. C’est une autre caractéristique de la photographie d’avoir cette valeur historique. Dans tout ce que j’ai photographié jusqu’à présent, beaucoup de choses n’existeront plus dans 10 ans. C’est l’évolution de la ville, des coutumes, un témoignage d’une autre époque…de l’anthropologie visuelle !

 

Les BRASILEIROS : Toujours dans la veine historique, vous avez fait un reportage sur les fameux surfistes de trains en banlieue de Rio…

 CC : Les trains existent toujours mais les surfistes ont disparu. Ils surfaient en haut des trains. C’est interdit aujourd’hui. Tout cela a évolué. Il y a eu une répression policière, les portes des trains ont été fermées.

 

Les BRASILEIROS : Vous prenez des photos aériennes. Hélicoptère, delta-plane, avion, dirigeable, parapente…vous avez utilisé tous les moyens de transports aériens possibles. Pensez-vous que l’on voit les choses différemment quand on les voit d’en haut ?

CC : J’adore photographier d’en haut. J’ai toujours aimé les cartes, elles situent les lieux. Partout où je vais, j’aime acheter une carte. Je suis un type qui sait où la lune naît, j’ai ces références spatiales. D’en haut, vous avez une vision différente, plus ample, et pour photographier, c’est très important. Vous situez ce que vous voulez. C’est une bénédiction. D’un autre côté, chaque photo aérienne est unique, elle ne se répète pas. Personne ne peut faire la même. Elle a une valeur ajoutée avec laquelle je joue. Comme je travaille avec les diagonales, avec les éléments, j’utilise la photographie aérienne pour pratiquer cette esthétique.

 

Les BRASILEIROS : Parmi toutes vos photos, quelle est celle que vous choisiriez pour représenter le Brésil d’aujourd’hui ?

CC : Pour représenter le Brésil, je choisirai une photo du Christ avec la lune dans la main. Cet humour, ce jeu, peuvent avoir différentes lectures.

 

Les BRASILEIROS : Pour représenter les brésiliens d’aujourd’hui ?

CC : Pour représenter les brésiliens, je choisirai des mères célibataires. La femme ne laisse pas tomber son enfant. Peu d’hommes vivent avec leurs enfants et la majorité écrasante des mères vivent seules avec eux. Je choisirai  une image du matriarcat. Ce n’est pas un hasard si nous avons une femme présidente. Les femmes sont puissantes et généreuses.

 

© Propos recueillis par Laurence de Raphelis-Soissan pour Les BRASILEIROS

 

 

 

 

(1) La dictature militaire au Brésil commence avec le coup d’État du 31 mars 1964, mené par le maréchal Castelo Branco qui renverse le président élu João Goulart et la deuxième République. Ce régime militaire durera jusqu’à l’élection de Tancredo Neves en 1985. Cette période se caractérise par l’absence de démocratie, la suppression des droits constitutionnels, la censure, la persécution politique et la répression de ceux qui étaient contre le régime militaire.

(2)  Central do Brasil : gare principale de Rio de Janeiro et siège de la dictature militaire.

(3)  Colonia Juliana Moreira est un hôpîtal de Rio soignant les personnes atteintes de maladies mentales.

(4)  Le 2 avril 2011, un homme armé fait irruption dans une école municipale de Realengo, au nord de Rio de Janeiro et tue 12 enfants. Le Brésil est sous le choc. La couverture médiatique de la tragédie est spectaculaire : photos ou vidéos de mères hurlant de douleur en apprenant la mort de leur enfant, corps des victimes photographiés à cercueil ouvert, images du tueur abattu par la police gisant dans un bain de sang, film et captures d’écran des caméras de sécurité de l’école filmant la chasse-poursuite entre les enfants et le tueur, reconstitutions en 3D du parcours du tueur dans l’école…

VOIR le diaporama photos de la tragédie de Relengo (source : site O Globo)

VOIR les films des caméras de sécurité de l’école (site O Globo)

(5)  Tancredo Neves a été élu Président de la République fédérale du Brésil en 1985 mais il est décédé avant d’avoir pu occuper son poste.

(6)  En Janvier 2000 un déversement de 1,3 millions de gallons de pétrole dans la baie de Guanabara a causé des dommages importants.

 

 

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3 commentaires to “Photographie : Custodio Coimbra, le Brésil dans la lentille”
  1. Louis says:

    Bravo!

    A la beauté des photos, vous avez su joindre la richesse des mots de Custodio.

  2. Merveilleuse, je suis fier de être amie de cette grand photographe, dans le collège.J’ai accompagne, tout le temps ,sont réussite dans la presse brésilienne , même de très loin. J’aimerais voir une expo de lui a Belgique ,Bravo Custodio. les “Metropolitanos” sont fier de toi..

  3. REGINA BARBOSA says:

    Merveilleuse, je suis fier de être amie de cette grand photographe, dans le collège.J’ai accompagne, tout le temps ,sont réussite dans la presse brésilienne , même de très loin. J’aimerais voir une expo de lui a Belgique ,Bravo Custodio. les “Metropolitanos” sont fier de toi.

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