Le “chic” brésilien selon Isabela Capeto

7/07/2012 Aucun commentaire

Pour illustrer le sujet de la mode au Brésil, nous avons rencontré l’une de ses plus illustres représentantes : la styliste Isabela Capeto. Broderies, dentelles, paillettes, imprimés…le souci du détail de ses créations leur vaut souvent la qualification “d’œuvres d’art”. Créatrice brésilienne reconnue dans son pays, la trajectoire d’Isabela est également marquée par une formidable reconnaissance à l’international. Barneys, Macys, Colette ou Saks, on ne compte plus les enseignes prestigieuses qui lui ont ouvert leurs portes. C’est dans sa jolie boutique de Rio de Janeiro qu’Isabela Capeto nous déroule sa carrière, et nous présente son style…unique et chic.

 

Isabela, pouvez-vous vous présenter ?

Isabela Capeto : Je suis née à Rio de Janeiro, j’ai 42 ans et je travaille dans la mode depuis 20 ans. Comme il n’existait pas de cours de mode complets au Brésil, j’ai décidé d’étudier dans une école de mode à Florence, en Italie, où je suis restée plus de trois ans. Ce n’est qu’après que j’ai commencé à travailler.

 

Vous avez débuté en travaillant pour d’autres marques…

I.C. : Oui, j’ai d’abord travaillé pour les marques brésiliennes Maria Bonita, Maria Bonita Extra et Lenny, avant de travailler pour les imprimés de la fabrique Bangu. En 2003, j’ai ouvert mon atelier et j’ai commencé à créer mes propres vêtements. J’ai ensuite ouvert mon premier magasin. J’ai aussi commencé à vendre dans d’autres boutiques, et d’autres États du Brésil.

 

Quelles sont les différentes activités de votre marque Isabela Capeto ?

I.C. : Je suis créatrice de vêtements féminins, mais également d’une ligne de produits pour la maison. J’ai également créé à une époque une ligne pour les enfants qui n’existe plus aujourd’hui.

 

Vous associez également votre nom à d’autres marques…quelles sont celles avec lesquelles vous travaillez actuellement ?

I.C. : Phebo, par exemple, avec qui j’ai imaginé une ligne de parfumerie qui porte mon nom : un parfum et des savonnettes. Mais je travaille avec beaucoup d’autres marques, comme les chaussures Melissa, par exemple, ou encore la marque de lunettes Chili Beans.

Combien de personnes travaillent aujourd’hui à vos côtés ?

I.C. : Environ une quinzaine.

 

Comment travaillez-vous vos collections de vêtements féminins ?

I.C. : Je fais deux collections par an : une pour l’hiver, et une pour l’été. D’abord, je développe et choisis la carte de couleurs. Ensuite je fais le premier thème de la collection, la création des couleurs, puis des imprimés. Ensuite, je dessine tous les modèles. Nous réalisons les patrons que je valide, et l’on passe à la fabrication.

 

Où trouvez-vous vos sources d’inspiration en général ?

I.C. : Partout. Dans mon quotidien, les choses que je fais…tout est source d’inspiration. Il y aussi les musées d’art, les livres…mais, c’est surtout beaucoup dans mon quotidien.

 

Un magazine de mode a dit de vous que “vous avez gagné votre notoriété grâce à vos vêtements romantiques, colorés et imprimés “. Cela définit-il bien votre style ?

I.C. : Je suis d’accord. Je créée un style de vêtements féminins, utilisant les couleurs…je pense que c’est vrai.

 

Existe-t-il des caractéristiques communes à l’ensemble de vos créations ?

I.C. : Je travaille en général avec des textiles totalement purs, comme la soie ou le coton, jamais avec des textiles synthétiques. J’aime aussi faire des pièces très travaillées avec des applications de broderies, de passementeries, de dentelles anciennes ou de paillettes. Je préfère également les robes et les jupes, aux pantalons.

Est-il vrai que vos vêtements sont réalisés en partie à la main ?

I.C. : Beaucoup de choses sont réalisées manuellement. Je travaille notamment avec quelques coopératives de broderies, j’aime beaucoup le travail brodé.

 

On dit que vos créations ont tout du registre caractéristique de la “brasilidade”…Qu’y a-t-il de brésilien dans vos créations ?

I.C. : Je pense qu’elles tiennent de la « brasilidade », en ce sens que vous y rencontrez de la  couleur et des imprimés. Ce sont des vêtements qui ont, je pense, “du charme”.

Qui sont vos clientes ici au Brésil ?

I.C. : J’ai tous les types de clientes, de la femme de 18 ans à la femme de 70 ans.

 

Vos vêtements sont également présents à l’extérieur du Brésil. Vous êtes d’ailleurs la styliste brésilienne la plus connue au Japon : comment expliquez-vous le succès de vos créations dans ce pays ?

I.C. : Je pense que mes vêtements comportent beaucoup de détails, et que les japonaises accordent beaucoup de valeur à cela. C’est la même chose dans les Émirats arabes, par exemple, où les femmes apprécient les vêtements riches et travaillés.

 

En 2005, vous avez été invitée à participer à la très sélective “São Paulo Fashion Week”, la semaine de la mode la plus réputée d’Amérique Latine. Cette reconnaissance a-t-elle marqué un tournant dans votre carrière ?

I.C. : C’est important, c’est certain. Parce qu’assistent à ce défilé beaucoup de gens, et de nombreux journalistes du monde entier.

 

Pouvez-vous déjà nous parler de votre prochaine collection ?

I.C. : Je prépare actuellement la collection de l’hiver 2013. Le thème mélangera le football de plage, avec l’époque située entre la fin des des années 40 au début des années 50.

 

Combien cela coûte-t-il d’avoir un vêtement d’Isabela Capeto dans son armoire ?

I.C. : Cela dépend. Il y des pièces qui coûtent R$200 à R$400, et d’autres, R$1000 à R$ 2000.

 

Que pensez-vous de la mode au Brésil ?

I.C. : Les brésiliennes sont très féminines, elles aiment prendre soin d’elles, s’habiller. Ici, le plus important dans un vêtement est la féminité qu’il évoque. Je pense que tout est en train d’évoluer, qu’il y a beaucoup de gens qui font des belles choses. Il faut savoir que la notion de “mode” est nouvelle au Brésil.

 

Isabela, aujourd’hui vous êtes reconnue comme l’une des plus fameuses stylistes du Brésil…avez-vous des projets particuliers ?

I.C. : Non, je vis ici maintenant, je vis le présent.

 

Tous les modèles présentés dans cet article sont issus de la Collection “été 2012″ d’Isabela Capeto.

 

© Propos recueillis par Laurence de Raphelis-Soissan pour Les BRASILEIROS

 

 

 

 

Mots-clés : , ARTS & CULTURE

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